par Toby Sterling
VELDHOVEN, Pays-Bas, 23 janvier (Reuters) - La demande
chinoise en matière d'équipements pour les semi-conducteurs n'a
pas faibli, en dépit du ralentissement de la croissance du pays
et de la guerre commerciale entre Pékin et Washington, a déclaré
mercredi à Reuters le directeur général du groupe néerlandais
ASML ASML.AS .
"Nous avions réalisé un chiffre d'affaires d'environ 1,7
milliard (d'euros) en Chine l'an dernier et cette année sera à
peu près aussi solide", a dit Peter Wennink.
"C'est une tendance qui perdurera. Ils ne s'arrêteront pas,
les Chinois ne reculeront pas, et le fournisseur que nous sommes
poursuivra ses livraisons", a-t-il ajouté. "L'industrie chinoise
des semi-conducteurs n'en est qu'à ses débuts."
Peter Wennink a prédit que le marché chinois se
développerait dans les années à venir, le pays s'étant fixé
comme objectif prioritaire de devenir plus autonome dans le
secteur des semi-conducteurs.
Alors que la Chine traite plus de la moitié des puces
informatiques du monde, les assemble et les insère dans des
appareils tels que les téléphones portables, sa part dans leur
fabrication reste faible comparée à celle de la Corée du Sud et
de Taiwan.
"Leurs importations de puces sont plus élevées que celles de
pétrole", a dit le patron d'ASML.
Le groupe néerlandais, spécialiste des systèmes de
lithographie EUV (Extreme ultraviolet, par rayonnement
ultraviolet extrême), a déclaré auparavant mercredi que certains
clients repoussaient leurs commandes en raison de la faiblesse
du marché des mémoires.
Les systèmes de gravure d'ASML sont utilisés notamment par
Intel INTC.O , Samsung 005930.KS et TSMC 2330.TW .
CHAÎNE DE PRODUCTION MONDIALE
Peter Wennink a relevé que les fabricants chinois voulaient
produire des volumes élevés de puces de haute performance mais
que cela relevait encore davantage de l'ambition que de la
réalité.
Il a ajouté qu'aucune entreprise en Chine n'avait encore
installé l'une des machines EUV les plus avancées d'ASML, qui
valent environ 100 millions d'euros chacune.
La technologie EUV permet de graver des plaquettes de
silicium pour réaliser des puces constituées de centaines de
couches d'une précision extrême.
"(...) Les Chinois ont passé commande pour une machine EUV",
a indiqué Peter Wennink, faisant référence à un client dont il
n'a pas révélé l'identité. Les professionnels du secteur
s'accordent à penser qu'il s'agit de Smic (Semiconductor
Manufacturing International Corporation), entreprise spécialisée
dans les semi-conducteurs basée à Shanghai.
Un certain nombre de fabricants de puces chinois tentent de
porter leur production à des niveaux commercialement viables,
a-t-il poursuivi.
"Cela va commencer à s'accélérer à partir de 2020", a-t-il
déclaré, ajoutant qu'ASML devait être présent "maintenant" pour
lancer le processus de livraison et d'installation de ses
machines, qui constituent l'un des plus gros équipements dans ce
type d'usine.
Peter Wennink a également relevé que la guerre commerciale
entre la Chine et les Etats-Unis n'avait pas eu d'impact à ce
stade sur le groupe néerlandais, tout en se disant préoccupé par
une éventuelle montée des tensions.
Il a insisté sur le caractère mondial de la chaîne de
production de semi-conducteurs et a souligné que ses chaînes
d'approvisionnement et ses clients finaux, les groupes
d'appareils électroniques, étaient situés dans toutes les
régions d'Europe, aux Etats-Unis et en Asie.
(Toby Sterling
Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par
Bertrand Boucey)
ASML ne voit pas la demande chinoise en semi-conducteurs faiblir
information fournie par Reuters 23/01/2019 à 16:32
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